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Maman Vogue a lu : La vie est un ballet, on ne le danse qu’une fois d’Edwige Billot

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Edwige Billot a 40 ans, un mari et trois enfants de 7, 6 et 3 ans. Parisienne depuis plusieurs années, elle travaille depuis quinze ans dans les ressources humaines. Depuis l’année dernière elle a fait le choix de passer en temps partiel pour passer plus de temps avec ses enfants, tout en restant un pied dans l’entreprise. En effet, c’est après le départ précipité de sa nounou, qu’Edwige s’est rendu compte que son équilibre ne tenait qu’à un fil, au point de frôler le burn-out.

Dans La vie est un ballet, on ne le danse qu’une fois, un roman paru cette année, elle s’inspire de son histoire mais aussi de celle de beaucoup d’autres mamans.

Résumé

Juliette, trentenaire carriériste, vient d’avoir son premier enfant. À son retour au travail dans les ressources humaines, elle laisse son petit Balthazar au bon soin de Maria, une nounou argentine. Juliette et son mari Arthur peuvent grâce à la disponibilité et l’affection de Maria se consacrer à leur carrière. Seulement le rythme de Juliette se fait de plus en intense, surtout lorsqu’un deuxième enfant vient agrandir la famille. Et puis, un jour, Maria leur annonce qu’elle ne va plus pouvoir s’occuper de leurs enfants. L’équilibre familial bascule alors du jour au lendemain, et Juliette manque de perdre complètement pied.

L’avis de Maman Vogue

C’est à travers un récit fictif léger et émouvant qu’Edwige Billot nous raconte un peu de sa propre histoire.

L’histoire, en réalité, de toutes les mamans qui, un jour se sont senties au bord du gouffre. Entre les obligations professionnelles et les injonctions à la parentalité parfaite, Edwige brosse le portrait d’une femme qui nous ressemble toutes et qui voudraient tout bien faire. Juliette, c’est un peu nous toutes. C’est une maman d’aujourd’hui, avec les doutes et les désirs que nous connaissons bien. Ce roman est une invitation à réajuster chacune notre équilibre de vie et à accepter nos faiblesses pour retrouver une parentalité sereine. Un roman dans lequel beaucoup de mamans vont se retrouver, et surtout vont y trouver des clés, des bribes de solution pour ne pas se faire avoir par le perfectionnisme.

La vie est ballet, on ne le danse qu’une fois, c’est avant tout une leçon d’optimisme et d’espoir pour toutes les mamans qui se sentent dépassées, et sur le point de craquer.

Nos questions à l’auteur

Bonjour Edwige. Pourquoi avoir voulu écrire à travers ce récit, à travers le personnage de Juliette, un peu de votre histoire ?

J’avais envie de mettre des mots sur ce que nous avons parfois l’impression de vivre seule. Mais nous ne sommes pas seules. J’ai voulu écrire pour ne pas m’arrêter à l’état des lieux de la difficulté, mais pour dire que nous ne sommes pas seules, c’est réconfortant de se le dire, et de dire qu’il y a toujours une lumière au bout du tunnel, nous pouvons mettre des choses en place. Cela peut faire prendre du recul, et ainsi revoir des choses dans notre organisation. Je voulais vraiment donner un élan d’optimisme. Il y a des situations qui semblent parfois difficiles, mais pleins de solutions existent pour réajuster les choses et notamment vivre mieux cette période intense de la petite enfance.

Dans la fiction, comme dans la réalité, c’est le départ de la nounou qui a été le déclencheur de cette perte d’équilibre. Mais n’y avait-il pas déjà des éléments qui clochaient ?

Le départ de la nounou, c’est effectivement plus la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Ce qui n’était pas ajusté chez nous, c’était que notre équilibre tenait sur cette personne. Après son départ, s’en est suivi un défilé de baby-sitter qui n’a pas été facile. Je ne gérais plus la logistique en travaillant à plein temps. Me retrouver à gérer mes enfants du jour au lendemain me paraissait insurmontable. Ça a été l’élément qui a fait tomber notre équilibre. Le personnage de la nounou prend une place importante dans le roman parce qu’elle avait pris beaucoup de place dans notre famille.

Mais son départ nous a permis de nous réajuster. Si cette nounou n’était pas partie, jamais je n’aurais eu le courage de tout revoir. J’ai quand même eu le culot d’aller voir mon patron et de lui demander un mi-temps. À ce moment-là, je me suis dit que nous étions portés. Jamais je n’aurais pu imaginer que ça allait être possible. Je suis la seule dans ma boîte à être dans cette configuration de mi-temps.

Quel regard est porté sur votre choix de diminuer votre temps de travail, dans votre entourage professionnel ?

Ce choix est plutôt bien accepté dans l’entreprise. De mémoire, seulement quelques femmes m’ont fait des petites remarques ou regardé un peu de travers. Est-ce que c’est parce qu’elles auraient aimé le faire, ou parce qu’elles ont l’impression de faire mon boulot à ma place. Ce n’est pas courant à des postes de cadre. Je produis quand même, mais différemment. Je me suis offert cette parenthèse dans ma vie. Plus tard, je reprendrai peut-être à plein temps ou différemment.

Mais c’est un vrai combat spirituel. J’ai fait le choix de la famille. Donc je m’abandonne, et je suis sûre qu’il y a des choses qui vont m’attendre qui seront bien mieux pour nous tous que tel ou tel poste important auquel je pourrais prétendre. Aujourd’hui, je l’assume totalement.

Ce n’est pas facile de trouver la solution quand nous sommes épuisées ?

Non ce n’est pas facile. Il y a autant de solutions, d’ailleurs, que de femmes qui sont dans cette situation. Je suis persuadée que quand nous nous sentons sur le point de craquer, il faut le prendre comme l’alerte que quelque chose n’est pas bien ajusté. C’est quelque part une chance de se poser la question de ce qu’il faut réajuster. Nous avons tous le droit au bonheur familial. Il faut donc se poser les bonnes questions : Que dois-je réajuster ? Que dois-je mettre en place pour plus de sérénité ? Qu’est-ce qui est bon pour moi, pour ma famille et pour mon mari ? Cela peut être dans des petites choses. Avec des tout-petits, nous n’avons pas forcément le temps, mais il faut essayer de le trouver. Essayer de prendre du recul en se posant la question avec douceur, et en étant bienveillant avec soi-même.

Quelle place est donnée au mari dans le cadre d’un épuisement maternel ?

D’abord, il est vrai que les hommes n’ont pas toujours les mêmes injonctions que les femmes. Arthur, le mari de Juliette n’a pas la même charge mentale. Comme dans beaucoup de familles, c’est une organisation qui s’est faite où c’est plutôt à la femme de s’occuper de l’organisation familiale. Cependant, je pense fortement que ce serait une erreur de tout calculer. Il ne faut pas vouloir tout faire à 50/50. Les hommes et les femmes ne sont pas du tout câblés pareil.

Dans mon livre, Arthur est un mari à l’écoute, il aime sa femme, et il voit que quelque chose ne va pas. Cependant il est fier d’elle et il lui est reconnaissant. Mais il se sent aussi impuissant par rapport à l’épuisement de Juliette.

Selon vous, comment réussir à retrouver un équilibre familial, et particulièrement dans le couple ?

Dans mon cas, j’ai eu de la chance, car tout ça a été assez rapide. J’ai frôlé le burn-out car j’avais beaucoup de signaux rouges, mais à mon avis, le burn-out s’installe un peu dans le temps. Grâce à mon mari qui a su, comme Arthur, être à l’écoute, j’ai pu réagir quand j’étais à la limite, et je suis allée me reposer trois jours au vert. Dormir, ne plus avoir ma to-do list dans la tête et tout lâcher m’a fait un bien fou.

Je suis tombé sur un prêtre qui m’a confessé qui m’a dit que j’étais simplement épuisé. J’ai beaucoup pleuré. Je m’attendais à la parole de vérité. Mais il m’a dit qu’il n’y avait que moi qui avais la solution. Il m’a posé trois questions : qu’est ce qui est bon pour vous, pour votre famille, pour votre équilibre, et aussi pour votre mari. Cette question me trottait en permanence dans la tête. Le désir d’arrêter de travailler est monté en moi.

Quand j’en ai reparlé avec mon mari, cela nous apaisait. Mais il m’a dit « si tu arrêtes trop vite, tu vas péter un câble, il ne faut pas donner un trop gros coup de volant d’un coup ». Il est bon d’avoir un œil extérieur dans ce genre de discernement. Alors, je suis allé voir mon patron, je lui ai demandé un temps partiel. Ça ne l’arrangeait pas, mais il a accepté. À la suite de cela, dans notre couple ça a été beaucoup mieux, assez rapidement. Si ça avait trop duré dans le temps, ça aurait été une vraie épreuve.

Quel regard portez-vous sur l’injonction à la parentalité parfaite qui nous entoure aujourd’hui ?

C’est le vrai sujet du moment. Nous avons tous en tête ces photos de la famille parfaite, de la femme canon, avec tout le monde qui sourit. Mais ça n’existe pas. Il faut arrêter d’être dans le culte de la perfection, cela fait du mal. Se reconnaître faillible au contraire, permet d’aider à être beaucoup plus sereine. Je suis imparfaite, ma voisine aussi, et ce n’est pas grave. Ce n’est pas là que l’amour se loge, mais dans le quotidien, dans les choses ordinaires. Ce qui compte c’est plutôt ce qui ne se voit pas, sans se mettre des exigences. Nos exigences de perfection envers nos enfants c’est parfois juste pour l’image. Mais c’est un vrai chemin, car on est tellement imprégnées de tout ça. C’est une espèce de philosophie de vie que j’essaye de m’appliquer. C’est un travail de tous les jours. On est faillible, on manque de douceur avec soi-même. L’important c’est d’essayer de passer au maximum des temps de qualité.

Que diriez-vous aux mamans qui nous lisent et qui se sentent au bord d’exploser ?

Je voudrais leur dire qu’elles ne sont pas seules. Ce qu’elles vivent est tout à fait normal. Elles ne doivent hésiter à s’appuyer sur l’entourage, sur des personnes bienveillantes. Soit pour les aider à prendre du recul, soit pour prendre un temps de repos. Il y a toujours une issue. Et il existe un vrai chemin de vie qui les attend derrière. Il y a toujours des petits moyens de réajuster les choses. Il ne faut surtout pas s’oublier. « Quand maman va, tout va » dit le petit Balthazar dans mon livre. C’est très vrai. Si une maman est bien soi-même, elle sera bien avec ses enfants et son mari. Il faut savoir trouver des petites choses pour souffler et ne pas culpabiliser de prendre du temps pour soi.

Pourquoi avoir choisi cette expression : la vie est un ballet ?

Je voulais que mon roman tire vers l’optimisme et le beau. L’image du ballet est une belle image, presque poétique. Mais on ne le danse qu’une fois, c’est comme un avertissement. Pour ma part, Juliette n’a pas envie de se retourner avec des regrets. Les enfants grandissent vite et nous n’emporterons pas notre travail au ciel. C’est beau la vie, en revanche nous ne pouvons pas vivre les choses deux fois avec nos enfants. Quand nous avons la tête dans le guidon, il faut savoir prendre conscience que ce que nous vivons, nous ne le vivrons qu’une fois. Il nous faut ralentir sinon dans dix ans, nous allons nous rendre compte que nous avons manqué l’important.

Merci Edwige pour cet échange riche et édifiant et pour cet élan d’optimisme qu’est votre livre !

Tiphaine Leuba

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